06.04.2010
Texte : Henrik Ibsen
Mise en scène : Jean-Louis Martinelli
Avec Marina Foïs, Alain Fromager, Laurent Grévill, Camille Japy, Grégoire Oestermann, Martine Vandeville.
***
Un décor très moderne (petit cocon terrien et menaçante tempête céleste), des enchaînements à la Resnais (tombe la neige...), un texte un peu réadapté, de belles robes et des talons hauts... C'était très bien parti pour me plaire cette affaire-là !
Seulement voilà, dès que la belle Marina Foïs (Nora) a prononcé ses premiers mots, j'ai senti que ça n'allait pas être aussi facile que ça. J'ai toujours beaucoup aimé l'actrice au cinéma (dernièrement chez Maïwenn ou Honoré), mais pourquoi a-t-elle succombé au piège d'une diction aussi monocorde, qui a à ce point desservi son interprétation physique et qui a instauré un décalage trop visible avec les autres acteurs ? Je l'ignore et je le regrette, tant la mise en scène était par ailleurs particulièrement brillante.
Il n'y eut guère que dans ses face à face avec Torvald (l'excellent Alain Fromager) que la voix de Nora finit heureusement par se placer sur une partition plus juste, plus douce, moins mécanique, et donc plus convaincante et plus bouleversante. Durant toute la pièce, le combat périlleux de Nora, malheureusement toujours d'actualité, est la conquête de son identité et de son indépendance, le long d'un parcours semé de craintes et de culpabililté. Du bonheur aveugle et naïf aux révélations permises par les intervenants extérieurs, nous assistons à l'émancipation d'une femme qui parvient à se détacher progressivement des règles de conduite, des modèles et des rôles figés imposés par la morale et la société.
C'est finalement à la transformation lente, fébrile et sans cesse remise en question de cette gagnante qui ne se pose jamais comme triomphante que se reconnaissent l'efficacité et la grande justesse de la mise en scène de Jean-Louis Martinelli.
Extrait vidéo :



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire